Des décès !

Saint-Martin-en-Bresse
Le 3e may 1712 est mort en N.S. apres avoir esté
confessé et muni du st viatique Mtre Gabriel
Charbonnier praticien à St Martin en Bresse agé
de quatre vingt quatre ans et le lendemain a esté
inhumé au cimetière dud. lieu en présence de
Jean Peirilles marguillier qui ne signe. Il faut
remarquer que led. Charbonnier a esté
d'une bonne complexion puisque les anciens de la
paroisse assurent l'avoir vû plusieurs fois
manger des grenouilles qu'il sortait du marest,
avaller tout en vie, et avec la plume
des plusieurs oiseaux comme moineaux, merles et
autres qu'ils ont ouït piner dans son estomact.
Il n'avalloit avec pas moins de courage le poisson
lorsqu'il se rencontrait en quelque pesche car on luy
a vû avaller sans peine des poissons qui n'étoient
pas des plus petits comme poisson blanc, tanches,
et ce qui est de plus surprenant c'est qu'il n'épargnoit
point les perches quelque rude que soit leurs écailles
et leurs nageoires. il étoit si expeditif à avaller
vif le poisson qu'on avoir coutume de dire que  Charbonnier
avoit aussy tot avallé une perche
qu'un oeuf frais; un nommé Marcelot Levey a vu
un jour a la pesche de l'étang benicault qu'il
avalloit comme pilules son poisson luy dit, Mtre
Charbonnier je vous donne ma pesche pour voir
que vous la mangié toute, a quoy il repliqua,
je n'en puis manger que mon saoul, ce qu'il fit
avec appetit, et au grand etonnement de ceux qui me
l'ont raconté; mais ce ne fut pas sans en estre
incommodé; car il fut trois jours dans pouvoir
rien manger, croyant mesme estre empoisonné si
grande etoit la corruption dans son estomact qu'il
lut ausoit des nausées etranges qu'il dissipa a
force de vin dans la suitte, c'est la derniere fois qu'on dit
qu'il mangeat du poisson en vie.
on dit de plus qu'il fit une fois faire un chapeau gras d'un nommé Claude Paleau
des Bourdillion, apres l'avoir couppé en roüelle, et l'avoir
assaisonné de beurre, de sel et de poivre, qu'il mangea
a la veüe de tous le monde sans en estre incommodé, non plus
que de six verres de son urine qu'il bû consecutivement
quelques jours apres. Il avalloit aussy et sans peine les oeufs de poule avec
la coque. on pourroit rapporter plusieurs autres de ses actions que la
charité m'oblige de passer sous silence ayant mesme été
temoing de la penitence qu'il en a fait
Tout cela me
paroisseroit impossible si Charbonnier mesme, et
ceux qui l'ont vû ne m'avoit assuré de la verité
aussy bien que de la peine qu'il a prit de planter sur
le cimetiere les ormes, tilieux, et autres arbres
qui y sont presentement, et qui en fons l'ornement;
[arbres plantés sur le cimetiere depuis environs trente ans]
aussy bien que ceux qui sont dans la place en foy
de quoy je me suis soussignés avec les témoins cy
bas nommés


Chalon-sur-Saône
Extrait des minutes  du greffe de la justice de paix
section du nord de la commune de Chalon s.S.
Au nom de la république française
Ce jour d'hui trois prairial an cinq de la république française,
à Chalon s.S. avant midi, nous Jean baptiste Marie Chofflet
juge de paix de la section du nord, commune dud. Chalon y résidant,
ayant avec nous le citoyen Jean Parisot, notre greffier ordinaire,
savoir faisons qu'ayant été averti qu'un individu s'était noyé
vers le jour d'hier, nous nous sommes transporté au bas du rempart
Ste-Marie, entre le quinconce et le bastion dud. rempart, où étant,
le cit. Joseph Mennetrier dit Carpet voiturier par eau demeurant au
faubourg Ste-Marie, nous a représenté un cadavre gisant et nous a
dit que le jour d'hier, sur environ les cinq heures du soir, un individu
qu'il ne connait pas, mais qui résidait en cette commune depuis quelque
tems, et qui n'était connu que comme déserteur étranger, vint se
baigner dans le creux au bas du rempart, et sur le bord duquel creux
gît encore le cadavre; qu'il s'est hâté de lui porter secours, sur les
cris de deux prisonniers de guerre qui étaient présens, et qui virent qu'il
se noyait, mais qu'il n'a pu le retirer de l'eau que sur environ les
cinq heures du matin, et a led. Mennetrier déclaré ne savoit signer de ce enquis.
A l'instant nous avons fait appeller les deux prisonniers de guerre,
lorsqu'ils nous ont été amenés par le cit. Heufeld inspecteur au dépôt de
Chalon s.S. lequel nous a dit que les deux prisonniers cy présens s'appelaient
l'un Stephan Tzotcheik, et l'autre Franz Hoffmann, tous deux
prisonniers au dépôt dud. Chalon, et qu'ils ne savaient parler le
français; nous avons en conséquence invité led. Heufeld à servir de
truchement auxd. prisonniers; lequel, après serment entre nos mains
prêté de nous traduire fidèlement la déclaration desd. prisonniers,
..............................................., led. Heufeld nous a déclaré que, le jour
d'hier, sur environ les cinq heures du soir, un individu inconnu auxd.
prisonniers, mais qu'ils reconnaissent pour être le même que celui
dont le cadavre est gissant, les avait engagés en langage allemand
de se baigner avec lui; que, sur leur refus, il s'était déshabillé et mis
à l'eau; qu'ayant traversé deux fois le creux à la nage, il était
revenu sur le bord, avait rendu de l'eau qu'il avait bu, et s'était
rejeté à l'eau, que ne l'ayant pas vu reparaître, mais seulement
un bras, ils avaient crié: au secours; et qu'un individu qu'ils ne
connaissent pas, était venu et l'avait cherché infructueusement,
qu'ils se sont ensuite retirés à leur caserne, et a led. Heufeld signé .............
Led. Heufeld nous a déclaré de plus qu'ayant fait l'appel des
prisonniers de son dépôt il ne lui en manquait aucuns.
Dont acte du tout nous avons dressé le présent procès verbal pour
valoir et servir ce que de raison, en foy de quoy nous sous sommes
soussignés avec le citoyen Heufeld et notre greffier; signé à la
minute, Heufeld, Chofflet et Parisot, greffier.


Chapaize
L'an mil huit cent quarante huit et le quatre février à deux heures
du soir, par devant nous vicomte Charles Henri de La Chapelle, maire officier
de l'état civil de la commune de Chapaize, canton de St Gengoux le
Royal, arrondissement de Mâcon, département de Saône et Loire, se
sont présentés lessieurs Vincent Berthaux, garde forestier à la résidence
de la commune de Chapaize, âgé de cinquante neuf ans et Jacques
Sauvage garde forestier à la résidence de la commune de Chapaize, âgé de
cinquante ans; lesquels nous ont déclaré qu'une personne à eux inconnue du sexe
féminin, mais qu'ils supposent être Françoise Douhay veuve de Jean
Voisin, entièrement privée de la vue, âgée de quatre-vingt-un ans, qui
avait quitté Nogent le vingt-un juillet dernier, pour se rendre à St-
Gengoux-le-Royal, lieu de son domicile, avait été trouvée par eux dans
la forêt de Chapaize, dans un état ne présentant plus qu'un squelette
incomplet, que cette personne pouvait être décédée depuis ledit jour vingt-un
juillet et avait été reconnue par une partie de ses habillements trouvés
sur place, pour être ladite veuve Voisin, d'après les renseignements qui
leur avaient été fournis par Jean Douhay vigneron demeurant à St-Gengoux,
frère de la défunte et Gabrielle Douhay et Philibert Martin son mari
cultivateur demeurant à Etivaux commune de St-Boil, soeur et beau-frère
de la défunte.
De tout quoi nous officier de l'état civil, après avoir pris les renseignements
nécessaires sur la personne décédée et nous être assuré de son décès, avons donné
acte aux comparants de leurs déclarations, pour servir et valoir ce que de
droit et après lecture nous avons signé le présent acte avec les déclarants





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